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Penser Paris EN GRAND

  • Photo du rédacteur: Sylvain Bogeat
    Sylvain Bogeat
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Métropoles 50 publie un rapport sur le Grand Paris



Les enjeux de l’agglomération parisienne débordent bien au-delà des frontières de la ville de Paris. Les franciliens vivent à cheval sur plusieurs territoires, dont les enjeux sont interdépendants. La coordination entre Paris et les villes voisines est hélas insatisfaisante. Les réglementation, les services publics, les projets urbains sont aujourd’hui artificiellement scindés d’une ville à l’autre, d’une rue à l’autre.


Un élargissement de Paris par annexion des villes limitrophes n’est pour autant pas à l’ordre du jour. Réalisée dans des circonstances exceptionnelles, l'intégration des communes périphériques par Napoléon III en 1860 a ancré dans la mémoire collective une méfiance envers toute forme d'élargissement de Paris.


La Métropole du Grand Paris (MGP) a été conçue comme un compromis politique, géographique et fonctionnel consistant à créer une entité supplémentaire pour éviter de remettre en question les strates existantes.


Dix ans après sa création, le constat est sans appel. La Métropole du Grand Paris demeure privée des moyens et de la légitimité nécessaires à l'accomplissement de sa mission.

·       Un budget dérisoire : avec 206 millions d'euros de budget propre pour 7,2 millions d'habitants, soit 29 euros par habitant et par an, la MGP dispose de moyens propres 164 fois inférieurs à ceux de la Ville de Paris et 53 fois moindres que les départements de petite couronne. 98% de ses recettes (3,6 milliards d'euros) sont immédiatement reversées aux communes et établissements publics territoriaux, la transformant en simple tuyauterie financière.

·   Une gouvernance illisible : cinq strates de collectivités territoriales (communes, établissements publics territoriaux, métropole, départements, région) se superposent sans cohérence, créant un millefeuille indigeste dont aucun citoyen ne comprend le fonctionnement. Les documents stratégiques structurants sont difficiles à adopter.

·       Un déficit démocratique majeur : les 209 conseillers métropolitains sont élus au suffrage indirect, par fléchage sur les listes municipales. Cet exécutif inconnu du grand public prive la MGP de l’assise et de la légitimité nécessaire pour porter des dossiers d’ampleur ou trancher les sujets litigieux (logement, péréquation fiscale etc.).

·       Des inégalités territoriales massives : les écarts de richesse fiscale atteignent un rapport de 1 à 11 entre établissements publics territoriaux. L'impossibilité politique de mettre en œuvre une péréquation réelle perpétue et aggrave ces disparités.

·       Une absence de projets depuis le Grand Paris Express, qui empêche d’incarner l’intérêt commun métropolitain aux yeux du grand public, alors que de nombreux sujets sont à cheval sur plusieurs communes

·       Les relations entre Paris, ses arrondissements et les communes limitrophes n’incarnent pas un modèle désirable pour des agrandissements de la capitale au-delà de ses frontières actuelles


Face à cette impasse, l'expérience de métropoles comparables offre des pistes de réflexion : Londres (budget 88 fois supérieur, maire élu au suffrage direct), Lyon (fusion métropole-département), New York... Ces modèles démontrent qu'une gouvernance métropolitaine efficace nécessite trois conditions : une légitimité démocratique forte, un budget à la hauteur des enjeux, et la suppression d'au moins un échelon territorial.


Plusieurs ingrédients devront être réunis pour doter Paris d’une gouvernance à la hauteur des enjeux :

·       Simplifier le millefeuille territorial en supprimant (au moins) une des strates au niveau des Etablissements publics territoriaux ou des départements ;

·       Inciter à des rapprochements entre Paris et des communes limitrophes au cas par cas, dans une logique de projet(s) partagés ;

·       Incarner la métropole et les rapprochements entre communes par des grands projets urbains mobilisateurs - périphérique ; bois ; Seine - ;

·       Instaurer une élection métropolitaine au suffrage universel direct ;

·       Repenser la gouvernance parisienne en accroissant la collaboration entre Paris et ses communes limitrophes tout en déléguant des compétences de proximité aux Mairies d’arrondissements


La fenêtre de tir après les élections de 2026-2027 sera cruciale. Il faudra que le prochain Maire de Paris et le prochain gouvernement trouvent le courage de porter un projet ambitieux pour le Grand Paris.


Retrouvez l'intégralité du rapport dans le lien ci-dessous





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