À quoi ressemblera la ville de 2050 ?

Modération : Joachim Pflieger, Délégué général de la Fondation Palladio Avec la participation de : Sylvain Bogeat, Métropoles 50, Président Elias-Antoine Chebak, PURE, Président Nicolas Joly, Icade, Directeur général Franck Lirzin, Groupe SNCF, Directeur de la stratégie et de la maîtrise d’ouvrage immobilière
À quoi ressemblera la ville de 2050 ?
Résumé du débat organisé par SIBCA Live — 2 septembre 2026
La ville de 2050 se construit dès aujourd’hui. Face au changement climatique, aux évolutions démographiques et aux transformations des modes de vie, les acteurs de l’immobilier et de l’aménagement doivent repenser en profondeur leur manière de concevoir, de rénover et d’habiter les territoires. Le débat, animé par Joachim Pflieger de la Fondation Palladio, réunit Nicolas Joly (Icade), Sylvain Bogeat (Métropoles 50), Franck Lirzin (SNCF) et Elias-Antoine Chebak (PURE).
1. Anticiper les risques climatiques et les mutations démographiques
La SNCF, qui possède environ 25 000 bâtiments, souligne la nécessité d’anticiper les risques climatiques à l’échelle locale : canicules, inondations, incendies et mouvements de terrain. Les moyennes et les tendances générales ne suffisent pas : les événements extrêmes doivent être pris en compte dès la conception des projets, en se préparant aux scénarios les plus défavorables.
Parallèlement, la stabilisation de la population française autour de 70 millions d’habitants ne supprimera pas les besoins en logements. La décohabitation, le vieillissement de la population et l’obsolescence du parc existant devraient nécessiter environ 3,5 millions de logements supplémentaires. Le télétravail, le commerce numérique et l’évolution des usages transforment également les fonctions traditionnelles de la ville.
2. Transformer l’existant plutôt que continuer à construire toujours plus
Un constat structure le débat : environ 80 % de la ville de 2050 est déjà construite. L’enjeu est donc de passer de la promotion du neuf à la transformation du bâti existant : réhabilitation, surélévation, changement d’usage et meilleure utilisation des bâtiments. Cette orientation rejoint l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN).
Plusieurs leviers sont identifiés pour concilier sobriété carbone et maîtrise des coûts : utiliser des matériaux bas carbone, écoconcevoir les bâtiments dès leur origine, limiter les déchets grâce à des dimensions constructives standardisées et développer la construction industrialisée. Il faut aussi intensifier les usages des bâtiments, par exemple en permettant à un même immeuble d’accueillir différentes activités au cours de la journée.
3. S’appuyer sur les données pour agir à la bonne échelle
Les données et l’intelligence artificielle peuvent aider à mieux orienter les décisions, à condition de dépasser les moyennes nationales pour analyser les besoins à l’échelle d’un territoire, d’un quartier ou d’une parcelle. L’exemple des crèches illustre cette démarche : croiser les besoins locaux, le niveau de pauvreté et la densité de population permet de déterminer où créer de nouvelles places.
Les villes moyennes représentent un enjeu majeur pour l’avenir. Alors que les métropoles manquent souvent de foncier, de nombreux territoires disposent de commerces vacants, de bâtiments sous-utilisés et de potentiel de transformation, mais manquent de projets, d’investisseurs et de moyens. Rééquilibrer les territoires suppose donc de leur donner accès aux mêmes outils et informations que les grandes métropoles.
4. Construire une ville désirable avec les citoyens
La transition ne peut réussir si elle est imposée aux habitants ou si elle rend le logement encore moins abordable. Les espaces verts doivent offrir des bénéfices concrets, les règles d’urbanisme doivent être lisibles et équitables, et les habitants doivent participer aux décisions qui transforment leur cadre de vie.
La fiction peut également contribuer à imaginer des futurs désirables et à faire émerger des solutions concrètes, comme des immeubles transformés en refuges climatiques. Elle aide à nourrir le dialogue entre entreprises, élus, chercheurs et citoyens autour d’une vision commune de la ville.
Conclusion
La ville de 2050 sera moins le résultat d’une expansion permanente que d’une transformation profonde de l’existant. Sa réussite dépendra de quatre priorités : anticiper les risques climatiques, réhabiliter plutôt qu’étaler, partager les données et les moyens entre territoires, et replacer les citoyens au cœur des projets. Les intervenants convergent sur l’urgence d’agir : il faut passer du diagnostic à la réalisation, accélérer les initiatives et renforcer la collaboration entre acteurs publics et privés. L’objectif n’est pas seulement de construire une ville adaptée aux contraintes de demain, mais une ville habitable, abordable et désirable pour tous.

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