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L’IA – une chance unique pour les (futurs) Maires ?

  • Photo du rédacteur: Sylvain Bogeat
    Sylvain Bogeat
  • il y a 13 minutes
  • 3 min de lecture

Cette tribune a été publiée dans Les Echos dans le cadre d'une série d'articles consacrée aux Métropoles .




L’IA – une chance unique pour les (futurs) Maires ?

 

Les maires gèrent aujourd'hui l'impossible : des budgets amputés, des normes qui se multiplient, des citoyens de plus en plus exigeants. Face à cette équation intenable, le déploiement d’outils d’intelligence artificielle est une chance unique qui déterminera la réussite des maires élus en 2026.

 

Le service public local au pied du mur

 

Les collectivités locales font face à des attentes croissantes de leurs administrés, des compétences de plus en plus vastes leur ont été transférées et les normes à respecter ne font que se complexifier. En face, les ressources disponibles pour exercer leurs missions s’étiolent. Les dotations de l'État aux collectivités ont baissé au cours de la dernière décennie. Le recrutement d’agents devient un casse-tête et certains territoires manquent de candidats aux élections. Près de 350 communes n’avaient pas réussi à former un conseil municipal complet en 2020. Fera-t-on mieux en 2026 ?

Il est certes nécessaire de réformer le triptyque territoire – compétences – moyens pour gagner en efficacité et se recentrer sur les missions prioritaires. Pour autant, les progrès de l’intelligence artificielle nous offre une sortie par le haut inespérée.

 

L'IA peut transformer le quotidien des villes

 

Fluidifier les démarches administratives, optimiser un plan de circulation, simuler de nouvelles constructions... L'IA excelle dans les recherches multifactorielles, les tâches répétitives, l'analyse de données massives. Elle peut améliorer la qualité de service, soulager les agents publics et leur permettre de se concentrer sur l'accompagnement humain et la prise de décisions.

Les exemples concrets se multiplient. À Issy-les-Moulineaux, un assistant IA répond aux questions des habitants : horaires de la piscine, calendrier des collectes... En Albanie, le ministre Ervin Bushati a déployé une IA pour traiter les appels d'offres publics, réduisant drastiquement les délais et les soupçons de corruption.

36% de l'emploi dans le secteur public mondial sera exposé à des changements majeurs liés à l'IA. Loin d'être une menace, c'est une chance de libérer du temps pour ce qui compte vraiment et pour ce qui a de la valeur pour les citoyens.

 

Garder l'humain au cœur

 

Pour autant, l'IA a des limites qu'il faut reconnaître lucidement. Les agents publics ont un rôle de proximité, une empathie et une légitimité qui ne peuvent pas être délégués à une machine. Il faut augmenter les capacités des agents en leur adjoignant des outils modernes et en les formant, par exemple à travers le Campus du Numérique Public.

Le maire, non plus, ne peut pas être remplacé par un algorithme. Comme le souligne Giuliano da Empoli, la question centrale du XXIe siècle ne sera pas de choisir entre le marché et l'État, mais de définir ce que nous voulons confier à l'intelligence artificielle et ce que nous voulons garder sous contrôle humain. Cette frontière doit être tracée démocratiquement, avec transparence sur les algorithmes utilisés, un contrôle citoyen, et une évaluation continue des impacts sociaux.

 

Le rôle indispensable de l'État

 

Reste un problème de taille : la mise en place de l'IA représente un investissement massif. Le projet « Albert », l'assistant IA de l'administration française annoncé par Gabriel Attal, n'est toujours pas opérationnel. Seules les grandes métropoles ont aujourd'hui les moyens de développer des solutions pertinentes. Pire encore : nombre de collectivités sont aujourd’hui tout simplement désemparées face au numérique. L'État leur demande de collecter des données granulaires, qu’elles ne savent pas comment récupérer et qu’elle savent encore moins exploiter !

C'est évidemment le rôle de l'État de fixer les exigences et de proposer une boîte à outils nationale et souveraine. Confier des pans de services publics à des IA étrangères serait d'une naïveté coupable.

 

Réussir son mandat municipal passera-t-il par l’IA ?

 

À quelques mois des municipales, les candidats doivent s’emparer du sujet et l’Etat doit fixer un cap pour la prochaine mandature. Confier certaines tâches à une IA ne signifie pas confier la responsabilité à une machine, mais offrir à l'action publique un nouvel outil pour mieux servir les citoyens.

C’est un moment unique pour nos politiques publiques locales qui peut nous permettre de résoudre une situation qui semblait inextricable. Il faut désormais s’en saisir.

Je suis convaincu que les Maires qui réussiront leur prochain mandat sont ceux qui auront réussi la transformation digitale de leur municipalité !

 


 

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